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Histoire de Bertrand Du Guesclin

 

Connétable de France, 1314-1380

 

 

 

 

 

S'il est un personnage célèbre, et même incontournable de notre cité de Broons, c'est sans nul doute Bertrand Du Guesclin. Il a sa place dans l'histoire, celle du XVIe siècle, un siècle de guerres, celle de Cents ans et aussi celle de la Succession du duché de Bretagne ; deux conflits si étroitement mêlés que souvent ils se confondent. C'est dans ce cadre que sinscrit le destin du chvalier Bertrand du Guesclin, seigneur de la Motte-Broons, parcours exceptionnel qui de la modeste seigneurie de la Motte-Broons devait le conduire jusquau plus haut de la hiérarchie militaire : la connétablie royale.  

Enfance et jeunesse


 

Né vers 1320 au château de la Motte-Broons, Bertrand est l'ainé d'une famille de noblesse ancienne, son père Robert est chevalier. D'une laideur que ses historiens ont amplement soulignées, c'est un enfant au caractère difficile et dont la disgrâce physique et l'humeur batailleuse font le désespoir de sa mère, Jeanne de Malemains. Il passe son temps à organiser des luttes et des combats avec ses jeunes compagnons de Broons, payant largement de sa personne. Déjà se dévoilent ses qualités de chef et de meneur d'hommes. Vers l'âge de 17 ans, il s'illustre brillamment dans une grande joute donnée à Rennes.

Le dogue noir de Brocéliande


 

En 1341 s'ouvre la guerre de Succession de Bretagne qui oppose Charles de Blois; au nom de son épouse Jeanne de Penthièvre, à Jean de Montfort. Si Charles de Blois reçoit l'aide du Roi de France, Montfort a le soutien du Roi d'Anglettre car la guerre de Cent Ans a déjà commencé. Du Guesclin pend le parti de Charles de Blois et mène avec quelques compagnons une guerre de partisans, harcelant les garnisons anglobretonnes de Bécherel ou de Ploërmel. Il trouve refuge dans les forêts avoisinantes dont celle de Paimpont, ce qui lui vaudra de la part des Anglais, dit-on, le sunom de "Dogue noir de Brocéliande". Il fait preuve de ruse et d'audace et avec une soixantaine de compagnons, déguisés en bûcherons, il s'empare de l'imposante forteresse de Fougeray (Grand Fougeray).

Normandie et Bretagne


 

Seigneur de Broons à la mort de son père (1353), du Guesclin recrute une petite compagnie d'hommes d'armes et se met au service de Pierre de Villiers, capitaine de Pontorson. Il se distingue à la défense de Rennes assiégée par les Anglais du duc de Lancastre (1357). Dans ce même temps, il défait en champ clos à Dinan, un chevalier Anglais, qui avait capturé malgré une trêve son frère Olivier. Charles de Blois lui confie alors la seigneurie de la Roche-Derrien et le Dauphin Charles celle de capitaine-générale de Pontorson et du Mont-Saint-Michel. Le Traité de Brétigny-Calais (1360) met fin provisoirement à la guerre franco-anglaise. Du Guesclin guerroie alors en Normandie contre les Navarrais, partisans de Charles d'Evreux, roi de Navarre dit Charles le Mauvais. Quelques expéditions le ramènent en Bretagne où il épouse Tiphaine de Raguenel, fort savante en astrologie. Reconnaisant, Charles V lui donne le comté de Longueville. La même année, mis par le roi à la disposition de Charles de Blois, il participe à la bataille d'Auray (29 septembre) qui met fin à la guerre de Succession du duché : Charles de Blois y trouve la mort, Du Guesclin est fait prisonnier, le jeune Jean de Montfort devient duc de Bretagne.

Les statues de du Guesclin et leur destin


 

A un kilomètre du bourg, en bordure de l'ancienne RN12, à proximité du château natal du connétable, démoli en 1616 sur ordre du pouvoir royal à la suite des guerres de la Ligue, se dresse "La colone du Guesclin". Dû à une souscription départementale, érigé en 1840 sous le règne de Louis-Phillipe, ce monolithe de granit de 10 m de hauteur, nécessita pour son transport un chariot exceptionnel tiré par 36 chevaux.

Dans le cimetière, la chapelle dédiée à Sainte Madeleine, plusieurs fois remaniée au cours des siècles, est donnée comme une fondation de Jeanne de Malemains, la mère de du Guesclin. L'acte, autrefois conservé dans les archives de la favique de la paroisse aurait disparu à la Révoluion. Il indiquait, selon "le live de paroisse", le lieu, sa distance par rapport au château et la rente qui lui était attribuée et qui existait encore à la veille de la Révoluion. En 1391, une bulle d'indulgence fut accordée par le pape en faveur de cette chapelle, où parait-il affluaient nombre de pélerins. A cette époque le connétable, mort depuis onze ans, jouissait d'une très grande popularité , et deux ans auparavant, Charles VI lui avait fait des obsèques solennelles à l'abbaye de saint-Denis dans le cadre d'une fastueuse fête de la chevalerie qui avait duré quatre jours.

 

En 1902, la municipalité de Dinan décida de remplacer la statue de du Guesclin due au sculpteur Molknecht, érigée en 1823, par une statue plus imposante, équestre cette fois et s'adressa au sculpteur Fremiet. C'est celle que l'on voit aujourd'hui. Elle offrit alors son ancienne statue à Broons où elle fut inaugurée le 17 Août 1902. Ce fut l'occasion d'une grande fête qui attira la foule et durant laquelle l'illustre chansonnier Théodore Botrel, admirateur de du Guesclin, se produisit.

En 1973, la municipalité (M. Jean-louis Labbé, Maire) décida de la remplacer, sa pierre tourangelle s'étant dégradée ; elle avait alors un siècle et demi. La nouvelle statue, oeuvre du sculpteur Francis Guinard installé à Languédias, taillée dans un beau granit du pays, campait un solide et trapu du Guesclin en pied , d'une hauteur de 2.30 m et d'un poids de 2.5 tonnes qui symbolisait parfaitement la rudesse du connétable, sa force et sa détermination. Installé sur la place en juin 1976, elle fut dynamitée le 9 Février 1977 par des indépendantistes breton. De cette statue ne demeura intacte que la tête, aujourdhui visible à la mairie.

En 1988, (M. Louis Deniel, Maire) la vieille statue de Molknecht, restaurée fut transféréé en bordure de la voie express Rennes-Brest récemment construite et où rien n'indiquait aux gens de passage, la présence, puis taguée, brisée, dégradée, son bouclier volé... Seul, son imposant socle de plusieurs tonnes, après nettoyage et restauration de la dorure de ses inscriptions, fût acheminé en 2004 sur le parking de la Gaieté où il trône toujours, à l'initiative du maire de l'époque, le docteur Michel Lamarche. Celui-ci n'envisageait pas l'éréction d'une nouvelle statue mais y aurait bien vu, le surmontant, un symbole rappelant le connétable.

En 2013, M. Serge ROUXEL alors maire, annonça le pojet d'une nouvelle statue et plusieurs artistes furent contactés. Finalement, M. Georges Delaye, de Plouër-sur-Rance, que le projet enthousiasmait, se mit au travail ; malheuresement, il décédait l'année suivante, sans avoir pu achever son oeuvre. Pour autant, le projet ne fut pas complètement abandonné. Aujourd'hui, un nouveau sculpteur a été choisi (municipalité de M. Denis Laguitton) et qu'une nouvelle statue viendra dans un temps proche orner la place Du Guesclin. 

Quand du Guesclin crée des liens 


 

Si les statues de du Guesclin furent victimes d'un vandalisme et d'une animosité décalée et archaïque, le personnage crée aussi des liens. Des échanges engagés au début des années 2000 se poursuivent toujours entre Broons et Châteauneuf-de-Randon (Lozère) où mourut le connétable de Charles V. Il a là-bas son mausolée, une majestueuse statue sur la place et un musée.